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In the lead-up to the Ethnografilm Festival over the Easter weekend in Paris, we sat down for a quick Q&A with the director of the film festival, Wesley Shrum. Wesley is Professor of Sociology at Louisiana State University, USA, and president of the Society for Social Studies of Science.

 

How did you get the idea to organise an international film festival that includes academic films?

Wesley Shrum: I was talking with my friend and fellow academic, Greg Scott, who works at DePaul University and it turned out that we had the same idea — namely, that we need a film festival and a video journal, or in other words — a film journal. There are all sorts of beautiful products coming out of ongoing research and investigations and more and more academics are producing films as part of their research. However, by and large, people in the academic world still have the unfortunate tendency to think primarily of text, which has been the traditional mode of academic work for, I suppose, thousands of years. So the thought was that we need a platform in which to see those films, and that is what we decided to with the Ethnografilm Festival. We now have a journal and a festival, and we are very happy and excited about that.

You have shot a few short films yourself. Why do you think film, in general, can make a unique contribution to understanding social realities?

When I would do presentations at professional meetings on my research on scientific networks in Africa and Asia, I sometimes felt that people weren’t fully getting it. I mean they understood — you can present numbers, you can present a table — but it doesn’t always sink in. From this observation, I began to consider the possibility of transmitting academic presentations in a visual, or what is equally important — audiovisual — framework. But the idea ultimately stemmed from an experience in Nairobi, Kenya when my friend and I got caught in the middle of a police-student riot. We had tear gas coming through the window, and my friend, who had been an actor in Hollywood, said, “Wow, this is so visual… have you ever thought about getting a camera?” So as we were trying to find places to hide, we continued to reflect on the possibility of having a camera to film our untimely end in the Hotel Rwanda!

Why are you holding the festival in Paris?

The festival was originally going to alternate between Chicago and Baton Rouge in the United States. However, when I met the International Social Science Council (ISSC) at a meeting in Rome two years ago, they were equally excited about the possibility of a film festival and immediately offered their support. I think I then came up with the idea to have the festival in Paris because it is an international city, central in Europe, and has an artistic draw. We felt like Paris is the place to be, and that way filmmakers would want to come. I think we have done very well among film festivals in having an attractive location and venue (Ciné 13, located in the heart of Montmartre) because about two-thirds of our filmmakers are coming!

What will be the unique character of this film festival?

The Ethnografilm Festival is unique in that there is no admission charge. You are free to come in and out of the theater as you please, as we show films almost continuously with short, 15 minute breaks every 2 hours (download the official schedule). In addition, we will introduce the director of the film if they are present, so that festival-goers have the opportunity to talk to them following the screening. Ultimately, the purpose of this festival is to screen documentary films and begin conversations!

Image by Dale Mastin via Flickr

What: Ethnografilm Festival 2014; for more information, please visit the official site or the Facebook event page
When: 17-20 April 2014 (programme of events)
Where: Ciné 13 Théâtre, Paris, France
Admission is FREE

You are also invited to the opening reception of the festival on Wednesday, 16 April 2014 at 18:00, at La Guêpe.

For further information, please contact Federica Cozzio
Call +33 (0)6 10 09 42 02 or email  federica@worldsocialscience.org

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Comment vous est venue l’idée d’organiser un festival international présentant des films réalisés par des universitaires?

Wesley Shrum : Je discutais un jour avec mon ami et collègue Greg Scott, de l’Université De Paul de Chicago, et ai constaté que nous avions eu tous deux la même idée – de lancer un festival de films et une revue universitaire en format vidéo ; ou si vous préférez une revue-film. Le nombre d’universitaires qui produisent des films dans le cadre de leurs travaux ne cesse d’augmenter et il existe aujourd’hui de belles créations issues de la recherche. Ceci étant dit, le monde universitaire demeure dans son ensemble très attaché au texte, qui correspond, il est vrai, à son mode d’expression principal depuis des siècles. Notre idée était donc de créer une plateforme où présenter ces films et c’est ainsi qu’est né le festival Ethnografilm. Nous avons désormais un journal et un festival international, et sommes très heureux de la tournure prise par ces deux projets.

Vous avez réalisé vous-même quelques courts-métrages. Dans quelle mesure le médium du film peut-il contribuer à une meilleure compréhension des réalités sociales?

Lors de présentations que j’ai pu faire dans le passé, par exemple en Afrique ou en Asie, j’ai parfois eu la sensation que mon message ne passait pas pleinement. Bien sûr, les personnes comprenaient, dans la mesure où je leur présentais des chiffres, des graphiques, des tableaux, mais il me semblait que je ne parvenais pas à communiquer l’épaisseur des réalités dont je parlais. J’en suis venu de fil en aiguille à recourir à des procédés visuels, voire, ce qui est tout aussi pertinent, audiovisuels pour mes présentations et conférences. Le déclic final s’est opéré pour moi à Nairobi, lorsque je me suis retrouvé avec un ami au centre d’émeutes opposant des étudiants au forces de l’ordre. Les gaz lacrymogènes s’infiltraient par les fenêtres et cet ami qui a joué à Hollywood s’est exclamé « C’est une scène de film ! As-tu déjà pensé t’acheter une caméra ? » Tandis que nous cherchions un endroit pour nous mettre à l’abri, nous réfléchissions aux angles et déplacements de caméra pour filmer notre mort imminente à l’Hôtel Rwanda !

Pourquoi organiser ce festival à Paris?

A l’origine nous comptions alterner entre Chicago et Bâton Rouge en Louisiane, où j’enseigne. Mais il y a deux ans, lors d’une rencontre à Rome, le Conseil international des sciences sociales s’est montré intéressé à se lier au projet et nous a proposé son aide. J’ai alors proposé de déménager le festival à Paris, où le Conseil a ses bureaux, car c’est une capitale internationale de cinéma, avec un attrait artistique reconnu. La ville nous semblait parfaitement appropriée pour un tel événement et nous pensons qu’elle donnerait envie aux réalisateurs de venir. Nous avons la chance d’organiser ce festival au Ciné 13 Théâtre, situé en plein cœur de Montmartre, et au final les deux-tiers des réalisateurs dont les films sont présentés seront des nôtres !

Qu’est-ce qui fait l’unicité de ce festival?

Le festival Ethnografilm est unique tout d’abord du fait de sa gratuité. Les spectateurs seront libres d’aller et venir pendant la durée du programme, qui est lui-même divisé en sessions de deux heures, avec des pauses d’un quart d’heure entre chacune d’elles (programme officiel). En outre, nous présenterons les réalisateurs présents, permettant ainsi aux festivaliers de discuter avec eux après la projection. Ultimement, le but du festival est de présenter de bons films documentaires et d’échanger i sur ceux-ci.

Wesley Shrum est professor de sociologie à la Louisiana State University et président de la Society for Social Studies of Science

Quoi? Ethnografilm Festival 2014; pour plus d’informations visitez le site officiel ou la page facebook de l’événement.

Quand? 17 au 20 Avril 2014; (consulter le programme).

Où? Ciné 13 Théâtre, Paris.

Coût: gratuit

Vous êtes cordialement invités au pot de lancement le mercredi 16 avril 2014, à 18h00 à La Guêpe.

Pour toute autre information, veuillez-vous adresser à Federica Cozzio: +33 (0)6 10 09 42 02, federica@worldsocialscience.org

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